Avant qu’une manifestation puisse avoir lieu, les personnesdoivent en être informés, savoir pourquoi elle a lieu, à qui elle s’adresse et comment ils peuvent y participer ou la soutenir. Dans les environnements ouverts, les campagnes destinées au grand public, les événements et l’engagement médiatique peuvent être utilisés librement. Dans les environnements restreints ou à haut risque, les priorités évoluent: les méthodes qui protègent l’identité des organisateur·rices et des participant·es, évitent les traces identifiables et ne créent pas de visibilité susceptible d’entraîner une répression deviennent essentielles. Beaucoup d’actions de mobilisation combinent plusieurs des approches présentées ci-dessous, en adaptant chacune d’entre elles au contexte et au public visé:
En Présentiel
Réunions communautaires
Rassemblements en présentiel visant à établir un consensus, à répondre aux questions et à développer un sentiment d’appropriation collective de l’action. Elles peuvent également servir de sessions de formation informelles au cours desquelles des informations sur la sécurité et les droits juridiques sont partagées.
Du porte-à-porte
Informer directement les membres de la communauté en personne pour les sensibiliser et encourager leur participation. Cette méthode est particulièrement efficace dans les communautés où l’accès à Internet est limité et permet d’instaurer la confiance personnelle qui transforme l’intérêt en engagement.
Artivisme
Recourir à l’art ou à l’expression créative (poésie, art de rue, graffitis, spectacles en direct) pour communiquer le message de la manifestation et inspirer l’action. L’artivisme peut toucher des publics que les messages politiques conventionnels ne parviennent pas à atteindre, et son ambiguïté peut compliquer la tâche des autorités qui cherchent à le réprimer ou à le criminaliser.
Événements sportifs
Organiser ou participer à des événements sportifs pour mobiliser les communautés et diffuser le message de la manifestation. Les grands rassemblements autour du sport attirent des publics qui peuvent ne pas être réceptifs aux actions de sensibilisation explicitement politiques ; ils créent un espace propice à une solidarité visible, aux banderoles, aux couleurs et aux chants, et ont tendance à susciter moins de méfiance de la part des autorités.
Numérique
Campagne numérique
Utiliser les réseaux sociaux, les newsletters ou des plateformes en ligne telles que Discord, Facebook ou Bluesky pour toucher des publics locaux et internationaux. Diversifiez les plateformes utilisées afin d’éviter de trop dépendre d’un seul canal susceptible d’être bloqué ou suspendu. Utilisez des hashtags pour regrouper et amplifier le contenu, mais sachez que les hashtags peuvent également exposer les participant·es à une surveillance.
Webinaires
Sessions en ligne visant à informer, discuter et à mobiliser les participant·es de manière sûre et à grande échelle. Les webinaires permettent d’atteindre des personnes au-delà des frontières géographiques et autorisent une participation anonyme ou sous pseudonyme. Utilisez si possible des plateformes avec chiffrement de bout en bout et évitez d’exiger des participant·esqu’ils·elles utilisent leur vrai nom.
Brochures
Supports imprimés fournissant des informations clés sur la manifestation, son objectif et la manière de s’impliquer. Dans les contextes soumis à des restrictions, les supports imprimés ne doivent pas mentionner les noms ni les coordonnées des organisateur·rices. Envisagez d’utiliser des codes QR renvoyant vers des canaux cryptés plutôt que d’imprimer des URL directes.
Déclarations de solidarité et lettres ouvertes
Inviter des organisations alliées, des personnalités publiques ou des universitaires à signer des déclarations de soutien. Celles-ci peuvent s’avérer particulièrement efficaces pour attirer l’attention des médias et susciter une pression internationale dans des contextes à haut risque, en signalant que le mouvement dispose d’alliés qui le suivent de près et qui prendront la parole si les participant·es sont pris·es pour cible.