RAPPORT SUR L’ÉTAT DE LA SOCIÉTÉ CIVILE 2026

CLIMAT: ENTRE EFFONDREMENT ET PERCÉE

2025 a été l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées, aux côtés de 2023 et 2024. En octobre, le secrétaire général des Nations unies (ONU), António Guterres, a reconnu que des hausses de température mondiales supérieures à 1,5 degré par rapport aux niveaux préindustriels – le seuil que l’accord de Paris visait à ne pas dépasser – étaient désormais inévitables. L’année a été marquée par des phénomènes météorologiques extrêmes tels que des sécheresses, des inondations et des incendies de forêt. À mesure que le monde se réchauffe, il se rapproche des seuils susceptibles d’accélérer la dégradation du climat et d’en amplifier les effets.

Les Tuvalu, pays insulaire de faible altitude qui perd progressivement des terres sous l’effet de la montée des eaux, ont élaboré des plans pour préserver leur identité et leur statut d’État si le territoire venait à disparaître. Il s’agit d’une injustice climatique : cette petite nation n’a pratiquement pas contribué aux émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique, mais elle fait face à des conséquences existentielles. En décembre, ses premiers migrants climatiques sont arrivés en Australie.

Deux avenirs possibles

Dans le même temps, une révolution des énergies renouvelables est en cours. L’énergie solaire et éolienne devient moins coûteuse à produire et plus largement adoptée. Les énergies renouvelables fournissent désormais plus de 30 % de l’électricité mondiale. Les investissements dans les énergies renouvelables dépassent désormais de plus du double ceux consacrés aux combustibles fossiles. Les pays asiatiques sont à l’avant-garde : la Chine réalise d’énormes investissements dans les énergies renouvelables, les véhicules électriques et les lignes ferroviaires à grande vitesse. Les États se détournent du charbon : en novembre, la Corée du Sud, quatrième importateur mondial de charbon thermique, a annoncé son intention de supprimer progressivement ses centrales à charbon. Des pays comme le Costa Rica, l’Islande et l’Uruguay produisent la quasi-totalité de leur électricité à partir de sources renouvelables.

Bien sûr, la situation est complexe. Les émissions de gaz à effet de serre provenant de la production d’électricité ne constituent qu’une partie du problème ; il est également urgent de s’attaquer aux émissions provenant de sources telles que l’agriculture, l’industrie et les transports. La demande en électricité augmente, mais la gestion de la consommation et l’amélioration de l’efficacité énergétique ne reçoivent pas une attention suffisante. Les gigantesques centres de données construits pour l’IA nécessitent d’énormes quantités d’électricité et d’eau, ce qui a des répercussions disproportionnées sur les pays du Sud, où nombre d’entre eux sont implantés. Le réchauffement climatique entraîne une forte augmentation de la demande en climatisation. Certains États passent du charbon au gaz naturel, composé principalement de méthane, un puissant gaz à effet de serre, et privilégient de grands projets tels que le barrage controversé d’Éthiopie sans accorder une attention suffisante aux impacts environnementaux.

Les technologies renouvelables ont besoin de minéraux rares, ce qui alimente la concurrence entre grandes puissances telles que la Chine, la Russie et les États-Unis. L’extraction de ces minéraux a un coût sur le plan environnemental et des droits humains. La société civile sensibilise le public aux abus systématiques dans les chaînes d’approvisionnement, notamment dans les pays africains, en Europe de l’Est et en Asie centrale. Au Portugal, certaines communautés s’opposent à l’exploitation du lithium, essentiel pour les batteries mais impossible à extraire sans impacts majeurs, et proposent des alternatives comme l’amélioration du recyclage.

La tendance n’est pas linéaire et l’industrie des combustibles fossiles tire profit d’événements perturbateurs tels que la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine et le retour au pouvoir de Donald Trump. Après avoir contribué au financement de la campagne de Trump, les entreprises du secteur des combustibles fossiles récoltent les bénéfices de la fermeture de projets d’énergie renouvelable et profiteront de son intervention au Venezuela.

Mais la dynamique économique évolue : l’argument en faveur de l’extraction des combustibles fossiles devient de plus en plus difficile à défendre, tandis que celui en faveur des énergies renouvelables se renforce. La société civile joue un rôle clé, notamment par le biais du plaidoyer des actionnaires. Cependant, la transition vers les énergies renouvelables menace les entreprises de combustibles fossiles, qui cherchent à la retarder le plus longtemps possible. Le retard est devenu la nouvelle forme de déni : chaque jour gagné signifie davantage de profits pour ces entreprises, mais des impacts climatiques plus graves pour les populations les plus vulnérables.

Le sommet mondial n’a pas tenu ses promesses

L’industrie des combustibles fossiles est sortie indemne de la COP30, le dernier sommet mondial sur le climat. Une fois encore, les États ne se sont pas engagés à accélérer la sortie des combustibles fossiles. Tenu au Brésil, le sommet a illustré la détérioration du multilatéralisme. L’administration Trump, en voie de se retirer de l’accord de Paris, s’est tenue à l’écart, créant un vide de leadership que la Chine et l’Union européenne (UE) ne sont pas parvenues à combler.

Des peuples autochtones réclament la justice climatique et la protection de leurs territoires lors de la COP30 à Belém, au Brésil, le 17 novembre 2025. Photo d’Anderson Coelho/Reuters via Gallo Images

Des négociations houleuses ont abouti à un compromis qui a exclu des procédures officielles les réponses clés – une feuille de route pour l’élimination progressive des combustibles fossiles, un plan de lutte contre la déforestation et une initiative visant à accélérer la mise en œuvre des engagements – pour les intégrer à des processus volontaires portés par les États disposés à agir. Cette approche pourrait permettre certains progrès, mais elle met en évidence le dysfonctionnement des procédures de la COP. La prise de décision par consensus permet à un seul État de bloquer une action, ce que font régulièrement les États pétroliers tels que l’Arabie saoudite. Lorsque des États volontaires agissent, ceux qui ne le sont pas peuvent simplement se retirer, même s’ils sont liés par l’accord de Paris.

Une autre faille fondamentale réside dans l’accès accordé aux lobbyistes des énergies fossiles : plus de 1 600 d’entre eux ont participé à la COP30, surpassant en nombre presque toutes les délégations nationales. À l’inverse, la société civile et les peuples autochtones peinent à se faire entendre. La COP30 a offert davantage de possibilités de participation que les trois précédentes conférences, organisées dans des États où l’espace civique est restreint, et a reconnu formellement, dans une certaine mesure, les droits et le rôle des peuples autochtones. Néanmoins, la société civile est restée largement marginalisée et confrontée à un dispositif de sécurité militarisé.

La principale avancée de la COP30 reflète les efforts de la société civile pour placer la justice sociale au cœur de la réponse au changement climatique. Le sommet a approuvé le Mécanisme d’action de Belém, un programme de travail sur la transition juste, que la société civile réclame depuis des années. Une transition juste implique que l’élimination progressive des combustibles fossiles respecte les droits humains, y compris les droits des travailleurs des industries liées aux combustibles fossiles et à la transition énergétique. Une plateforme de coordination sera mise en place, et la société civile exige qu’elle soit dotée d’ambition, de ressources et d’un véritable espace de participation.

En revanche, les progrès sur la question clé du financement climatique sont restés insuffisants. Bien que les États européens aient finalement renoncé à s’opposer au triplement du financement annuel destiné aux pays du Sud pour leur adaptation au changement climatique, la promesse demeure floue, l’échéance fixée à 2035 paraît trop lointaine et le montant annuel de 120 milliards de dollars reste inférieur aux besoins estimés. Les accords internationaux en matière de climat et d’environnement sont difficiles à conclure et encore plus difficiles à appliquer ; leur financement constitue sans doute l’obstacle le plus ardu.

Progrès et revers pour les accords environnementaux

Les nouvelles sont mitigées concernant d’autres accords internationaux clés en matière de protection de l’environnement. Un traité visant à lutter contre la crise de la pollution plastique semble loin d’aboutir. Les déchets plastiques omniprésents constituent une catastrophe environnementale croissante et, les plastiques étant issus de combustibles fossiles, ils contribuent à aggraver la crise climatique. Le traité devait être finalisé d’ici la fin 2024, mais le cycle de négociations d’août 2025 s’est achevé sans accord. Les progrès restent bloqués par les principaux producteurs de pétrole, notamment l’Iran, la Russie, l’Arabie saoudite et désormais les États-Unis, qui souhaitent un traité limité à la gestion des déchets. La société civile et les États plus ambitieux défendent au contraire une approche couvrant l’ensemble du cycle de vie du plastique, incluant des limites de production et de consommation.

Des activistes se rassemblent devant le siège des Nations Unies à Genève à la veille des négociations sur le traité sur les plastiques, le 4 août 2025. Photo de Fabrice Coffrini/AFP

La société civile documente les impacts, fournit une expertise juridique et scientifique, plaide auprès des gouvernements et mène des campagnes de sensibilisation du public. Elle préfère maintenir l’espoir d’un accord plus ambitieux plutôt que d’accepter un traité faible adopté dans la précipitation. Comme pour la COP30, les États volontaires pourraient agir de manière autonome, ce qui permettrait des avancées, mais au risque de créer un cadre fragmenté laissant aux principaux pollueurs des marges d’évitement.

La société civile collabore également avec les gouvernements favorables à l’élaboration d’un traité de non-prolifération des combustibles fossiles. Un tel instrument renforcerait l’accord de Paris en interdisant de nouveaux projets pétroliers, gaziers et charbonniers et en supprimant progressivement la production existante. Depuis le lancement de cette initiative en 2020, deux organisations de la société civile, Carbon Tracker et Global Energy Monitor, ont établi un registre mondial des combustibles fossiles, une étape essentielle pour cartographier les infrastructures concernées. En 2025, le Cambodge et Saint-Kitts-et-Nevis ont rejoint la campagne, portant à 18 le nombre d’États soutenant l’initiative. 

Une autre initiative actuellement au point mort met toutefois en évidence les défis du multilatéralisme contemporain. En avril, l’Organisation maritime internationale a annoncé un accord visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant du transport maritime grâce à de nouvelles normes mondiales sur les carburants et à des taxes sur les navires fortement polluants. L’accord devait être signé en septembre, mais l’administration Trump l’a qualifié de taxe internationale et a menacé les États qui lui sont favorables de sanctions, entraînant le report du vote à octobre 2026. Au mieux, les mesures destinées à réduire une source majeure d’émissions sont retardées ; au pire, les menaces américaines pourraient compromettre l’accord.

L’UE a également revu à la baisse ses engagements. Sous l’influence croissante de partis de droite opposés à l’action climatique – influence également perceptible dans l’affaiblissement des ambitions européennes lors de la COP30 – le Parlement européen a édulcoré sa directive sur le devoir de diligence en matière de durabilité des entreprises. Cette directive, qui fait suite à un vaste travail de sensibilisation de la société civile, exigeait à l’origine que les grandes entreprises s’alignent sur l’accord de Paris. Elle ne s’applique désormais qu’aux plus grandes d’entre elles, avec des obligations de déclaration allégées.

Quelques avancées ont néanmoins été enregistrées en septembre, lorsque le traité sur la haute mer a franchi le seuil des 60 ratifications nécessaires à son entrée en vigueur. Conclu en 2023 après des années de campagne de la société civile, ce traité reconnaît que la haute mer – les deux tiers des eaux situées au-delà de la juridiction nationale – est largement dépourvue de protection et exposée à des menaces croissantes telles que l’exploitation minière en eaux profondes. Il vise à inverser la dégradation environnementale, la destruction de la faune et flore marines et la perte des moyens de subsistance.

Le traité est entré en vigueur en janvier 2026, mais certaines puissances maritimes et grandes entreprises des énergies fossiles ne l’ont pas ratifié, créant ainsi un nouveau paysage fragmenté de protections. La société civile appelle à une ratification élargie et à la mise en place de mécanismes de contrôle et d’application rigoureux.

La société civile saisit la justice

La société civile continue d’exercer une pression sur les États et les entreprises et a remporté plusieurs victoires. À la suite de ses campagnes, il a été révélé en 2025 que Swedbank, un grand groupe bancaire, avait presque totalement cessé d’accorder des prêts aux entreprises du secteur des énergies fossiles.

Les litiges climatiques et environnementaux sont devenus une tactique particulièrement efficace. Auparavant concentrés aux États-Unis, ils sont désormais engagés dans le monde entier. Le mois de juillet a marqué une étape majeure lorsque la Cour internationale de justice (CIJ) a rendu un avis consultatif sans précédent, statuant que les États ont l’obligation légale de prévenir les dommages environnementaux, ce qui les oblige à réduire leurs émissions et à s’adapter au changement climatique. Le gouvernement du Vanuatu a porté l’affaire devant la CIJ avec le soutien d’autres États insulaires du Pacifique, mais l’initiative est venue de la société civile : en 2019, des groupes d’étudiants de huit pays ont formé le collectif Étudiants des îles du Pacifique luttant contre le changement climatique, afin de convaincre leurs gouvernements de saisir la CIJ.

Des militants pour le climat se rassemblent devant la Cour internationale de Justice avant la lecture de son avis consultatif sur les obligations des États en matière de protection du climat, à La Haye, aux Pays-Bas, le 23 juillet 2025. Photo de Marta Fiorin/Reuters via Gallo Images

La décision a rejeté les arguments avancés par les puissants États du Nord et les États pétroliers obstructionnistes, selon lesquels les pays ne pourraient être tenus responsables de leur contribution aux dommages climatiques. Elle a réaffirmé la centralité de l’accord de Paris, tout en s’appuyant plus largement sur le droit international pour préciser que le changement climatique relève également des droits humains.

À la suite d’un engagement soutenu de la société civile, la Cour interaméricaine des droits de l’homme a rendu une décision similaire. Elle a déterminé que les populations des Amériques ont droit à un climat sain et stable, ce qui implique pour les États l’obligation de prévenir le changement climatique, de s’y adapter, d’assurer des réparations et de réglementer les entreprises responsables de dommages climatiques. En mars, la Cour a également statué contre le gouvernement équatorien dans une affaire portée par des groupes autochtones, lui ordonnant de cesser les activités extractives dans une région habitée par des populations autochtones en isolement volontaire. La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples devrait rendre un avis consultatif à la suite d’une requête déposée par la Plateforme africaine pour le climat, une coalition de la société civile.

Ces décisions peuvent sembler symboliques, d’autant que la COP30 a largement ignoré la décision de la CIJ, tandis que l’administration Trump fait pression sur le Vanuatu pour qu’il renonce à une résolution de l’ONU faisant suite à cette décision. Néanmoins, les jugements internationaux renforcent les arguments juridiques au niveau national pour tenir les États et les entreprises responsables, soutenant ainsi les stratégies contentieuses de la société civile.

Ces actions continuent d’aboutir à des résultats significatifs. Deux organisations de la société civile sud-africaine ont obtenu une victoire historique, mettant un terme à un projet pétrolier offshore porté par Shell et TotalEnergies. Le tribunal a jugé que les études d’impact environnemental des entreprises étaient profondément biaisées, car elles n’avaient pas évalué les conséquences du forage sur les communautés côtières et les petits pêcheurs. Les entreprises ne pourront reprendre leurs activités qu’après avoir réalisé de nouvelles études inclusives et exhaustives, offrant ainsi aux communautés touchées la possibilité de poursuivre leur mobilisation.

Des militants italiens collent une banderole de soutien à Greenpeace devant l’ambassade des États-Unis à Rome, le 9 avril 2025. Photo d’Andreas Solaro/AFP

D’autres litiges sont en cours. En Nouvelle-Zélande, l’Environmental Law Initiative a intenté un procès après que le gouvernement ait affaibli son plan de réduction des émissions sans consultation adéquate, privilégiant des mécanismes de compensation forestière contestés plutôt que des réductions réelles. Des communautés nigérianes poursuivent Shell devant les tribunaux britanniques pour des décennies de marées noires dans le delta du Niger. Des agriculteurs zambiens ont intenté un procès contre une société minière chinoise après l’effondrement d’un barrage ayant libéré des déchets toxiques et contaminé des sources d’eau dont dépendent des milliers de personnes. 

Cependant, la société civile est également prise pour cible. En mars, un tribunal du Dakota du Nord, aux États-Unis, a accordé des dommages-intérêts de plus de 660 millions de dollars américains à la société d’énergie fossile Energy Transfer contre trois organisations Greenpeace. À l’issue d’un procès qualifié d’inéquitable par des observateurs internationaux, le tribunal a conclu à tort que Greenpeace avait orchestré les protestations des peuples autochtones contre la construction d’un pipeline sur leurs terres.

Il s’agissait manifestement d’un procès stratégique contre la participation publique (SLAPP), une action en justice visant à faire taire des critiques légitimes. Greenpeace Roumanie fait face à un autre SLAPP visant à obtenir sa dissolution, intenté par la société énergétique publique Romgaz en représailles à sa campagne contre un projet gazier. Le ministre roumain de l’Énergie a exhorté les entreprises à poursuivre les organisations environnementales en justice. En réponse, Greenpeace International a engagé une action en justice aux Pays-Bas en vertu de la directive anti-SLAPP de l’UE, afin d’obtenir le rejet de la plainte d’Energy Transfer. Les attaques injustifiées des puissantes entreprises contribuent néanmoins à rallier le soutien du public.

Une répression croissante

Les militants pour le climat et l’environnement, ainsi que les défenseurs des droits des peuples autochtones et des droits fonciers, maintiennent la pression par le biais de campagnes de sensibilisation, d’actions militantes et de manifestations. Ils sont toutefois confrontés à une répression sévère de la part des États et des entreprises, notamment sous forme de criminalisation et de violence.

L’année 2025 fournit de nombreux exemples. Au Cambodge, des journalistes ont été pris pour cible et agressés pour avoir documenté l’exploitation forestière illégale. Un tribunal indonésien a emprisonné 11 membres d’une communauté autochtone pour avoir fait obstruction à l’exploitation minière du nickel. L’activiste mexicain Cristino Castro Perea, engagé dans la protection des plages et des mangroves, a été assassiné. Au Chili, où le gouvernement a affaibli la législation environnementale, des militantes autochtones ont été victimes d’intimidations, de harcèlement judiciaire et d’attaques violentes pour s’être opposées à des projets de développement de grande envergure. Au Pérou, la police a utilisé des gaz lacrymogènes et des armes dites non létales contre des manifestants bloquant une route pour protester contre une mine. En Ouganda, les autorités ont arrêté 11 militants pour avoir protesté contre la construction de l’oléoduc d’Afrique de l’Est.

Des policiers arrêtent des manifestants protestant contre le projet d’oléoduc est-africain à Kampala, en Ouganda, le 26 août 2024. Photo de Badru Katumba/AFP

Le gouvernement français a à plusieurs reprises dénigré les militants écologistes et recouru à la force policière lors de manifestations, tandis que le gouvernement allemand a ouvert une enquête sur le financement public des organisations écologistes et d’autres associations. En janvier, le parlement néerlandais a adopté une motion qualifiant Extinction Rebellion d’« organisation illégale, perturbatrice et vandale », et demandant la suppression de son statut d’exonération fiscale. Le gouvernement portugais a cité les groupes écologistes dans une section consacrée au terrorisme de son rapport annuel sur la sécurité. Les autorités néo-zélandaises ont procédé à de nombreuses arrestations lors de manifestations pour le climat et l’environnement.

La société civile résiste à la répression et adapte ses stratégies. L’Australie est devenue l’un des pays enregistrant le plus grand nombre d’arrestations de manifestants pour le climat et l’environnement, à la suite de l’adoption ces dernières années de lois anti-manifestations particulièrement strictes. Parmi les réponses apportées figure la création de Climate Defenders Australia, le premier service juridique à but non lucratif du pays dédié à la défense des manifestants pour le climat, à la lutte contre les poursuites abusives intentées par des entreprises et aux actions en justice contre les abus policiers.

Cependant, s’adapter à la répression a un coût. La société civile doit consacrer du temps et des ressources à des stratégies défensives. Cela détourne l’énergie nécessaire pour exiger des États et des entreprises qu’ils réduisent leurs émissions et financent la transition. À une époque où chaque jour de retard compte, les restrictions imposées à la société civile ne peuvent qu’aggraver les effets du changement climatique. Les États et les entreprises doivent, à tout le moins, respecter le droit de la société civile à exiger les mesures climatiques dont nous avons si urgemment besoin.

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